Changements climatiques et énergie

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations Unies, la hausse des températures moyennes de l’atmosphère et des océans, la fonte massive de la neige et de la glace, l’élévation du niveau de la mer et l’augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes sont une preuve incontestable du réchauffement de la planète.

Le réchauffement climatique est causé par les émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant de l’activité humaine. Les gaz à effet de serre – certains naturels, d’autres, le produit de l’activité humaine – contribuent aux changements climatiques en absorbant de la chaleur dans les couches inférieures de l’atmosphère. Le dioxyde de carbone (CO2) est un GES qui est produit naturellement, mais qui résulte notamment de l’utilisation de combustibles fossiles comme le mazout, le charbon et le gaz naturel.

Comme les gens se préoccupent de plus en plus des émissions de GES et de leur effet sur le climat, plus de clients demandent de l’information sur les émissions de GES de Résolu. Les mesures prises pour réduire les émissions de GES et combattre les changements climatiques constituent un élément crucial de la stratégie de Résolu en matière de développement durable.

Cette demande croissante pour des produits et des procédés à faible intensité de carbone – comme la nécessité de tenir compte des réalités des changements climatiques – influence notre stratégie d’affaires à long terme. En effet, ces facteurs ont une incidence directe sur la réputation de Résolu, ses responsabilités environnementales et légales, ses obligations réglementaires, ses résultats financiers, son exploitation continue et sa chaîne d’approvisionnement.

Comme l’énergie représente environ un quart des coûts de production du papier de la Société, l’engagement de Résolu en matière d’énergie verte a un effet positif à la fois sur l’environnement et sur nos résultats. Les efforts de Résolu pour trouver des moyens d’améliorer son efficacité énergétique et remplacer les combustibles très polluants comme le charbon par des combustibles à teneur plus faible en carbone lui permettent de devancer les règlements potentiels et d’en faire une chef de file en matière de réduction des GES et de mise au point de nouveaux produits durables ayant une faible empreinte carbone. Nos efforts ont aussi une incidence positive sur le positionnement de Résolu sur le marché et sur la création de valeur pour ses actionnaires.

Gérer notre empreinte carbone

Quand Résolu s’est jointe au prestigieux programme Défenseurs du climat du Fonds mondial pour la nature® (WWF®) en novembre 2011, nous avons pris des engagements parmi les plus ambitieux de notre industrie pour réduire nos émissions de GES et attendre d'autres objectifs précis liés à notre performance environnementale. Nous nous sommes engagés à réduire de 65 % nos émissions absolues de GES (niveaux 1 et 2) par rapport à 2000 avant 20151. À la fin de 2015, nous avions atteint une réduction de 70 % et la participation de Résolu au programme a pris fin à l'expiration de l'entente de cinq ans.

À la fin de 2020, nous avions réduit nos émissions de GES de 83,4 %, dont les deux tiers sont attribuables à des réductions de l’intensité des émissions, et nous avons entrepris d’établir un nouvel objectif de réduction des GES qui s’inscrirait dans les paramètres du Défi « 30 en 30 » des changements climatiques de l’Association des produits forestiers du Canada (APFC).

En mars 2021, nous avons annoncé un engagement en vue de réduire d’ici 2025 nos émissions absolues de GES (niveaux 1 et 2) de 30 % par rapport aux niveaux de 2015. En atteignant cette nouvelle cible, nous aurons réduit nos émissions de près de 700 000 tonnes métriques d’équivalent CO2 comparativement aux niveaux de 2015.

De plus, la Société a annoncé des engagements qui visent à :

  • inclure les émissions de GES de ses installations de produits du bois, qui en étaient précédemment exclues, dans son inventaire d’émissions de GES d’ici 2022;
  • continuer de communiquer des données liées aux changements climatiques et aux pratiques de la direction au programme sur les changements climatiques du CDP, y compris les émissions de niveaux 1, 2 et 3; et
  • intégrer davantage les pratiques en matière de développement durable à sa chaîne d’approvisionnement en travaillant avec les fournisseurs et les parties prenantes concernées à l’élaboration d’engagements en matière de réduction des émissions de GES de niveau 3

Dans le questionnaire 2020 de CDP par rapport aux changements climatiques, Résolu s’est vu attribuer un B-, ce qui la place au niveau Gestion. Le CDP accorde ce niveau aux entreprises ayant mis en œuvre des mesures d’atténuation de leurs émissions de GES. Cette note indique également que nous avons évalué les risques environnementaux liés à nos établissements et appliqué des mesures pour les gérer. Nous faisons état de notre empreinte carbone au CDP depuis 2006; nous avons d’abord communiqué nos émissions de GES de niveaux 1 et 2, puis, en 2015, avons ajouté les émissions de niveau 3 (chaîne d’approvisionnement).

graphiques en barres montrant les émissions de gaz à effet de serre de Résolu depuis 2000 à ses usines de pâte et papier

Les projets lancés depuis 2015 pour atténuer l’incidence des changements climatiques comprennent :

  • Un projet de 29 M$ CA touchant l’usine de pâte et papier de Thunder Bay (Ontario) dont une tranche de 14,7 M$ pour réduire les émissions annuelles globales de GES de l’usine de quelque 43 000 tonnes métriques d’équivalent-CO2 par année en récupérant la chaleur résiduelle et, ainsi, en réduisant l’utilisation des combustibles fossiles de plus de 20 %.
  • Un plan d’investissement stratégique de 61 M$ CA touchant notre usine de pâte de Saint-Félicien, dont une tranche de 21,5 M$ pour réduire les émissions de GES de quelque 30 000 tonnes métriques d’équivalent-CO2 par année en augmentant la stabilité opérationnelle de la chaudière de l’usine et en réduisant le recours à des combustibles fossiles jusqu’à 20 %.
  • L'optimisation du contrôle de la combustion dans la chaudière à notre usine de papier journal de Baie-Comeau (Québec) en vue de diminuer de 50 % l’utilisation d’huile, soit une diminution d’environ 4 000 tonnes métriques d’équivalent-CO2 par année.
  • La modernisation de la turbine de cogénération de l’usine de pâte de Coosa Pines (Alabama) en vue de réduire l’utilisation d’électricité de 6 %. Une diminution de l’utilisation d’une chaudière auxiliaire alimentée au mazout à l’usine de papier de Dolbeau (Québec), l’équivalent d’une réduction de 1 600 tonnes métriques d’équivalents CO2 par année.
  • Investissement de 5,5 M$ CA à l’usine de papier de Kénogami (Québec) pour optimiser ses méthodes de raffinage de la pâte de rejets par l’utilisation de raffineurs pressurisés et récupérer la vapeur générée, ce qui représente une réduction des GES d’environ 10 000 tonnes équivalent CO2 par année.

Gouvernance en matière de changements climatiques

L’équipe de direction de Résolu est responsable de la stratégie d’affaires de la Société, laquelle est approuvée par le conseil d’administration, dont le président et chef de direction est membre. Les questions liées aux changements climatiques font l’objet de discussions et d’analyses régulières au niveau du siège social et tous les projets de dépenses en immobilisations envisagés par la Société doivent être évalués en fonction de leur incidence sur les émissions de GES.

En outre, notre comité sur le carbone sert de mécanisme de formation et d’information pour diverses questions touchant les changements climatiques et la gestion du carbone. Présidé par notre vice-président, Environnement, Énergie et Innovation, et composé de vice-présidents et de représentants (Installations, Légal, Trésor, Finance, Énergie, Approvisionnement), le comité examine l’ensemble des risques et des occasions se rapportant à notre stratégie axée sur le carbone. Les résultats obtenus par la Société sont présentés à nos hauts dirigeants et à l’équipe de direction, qui, à son tour, en fait part au comité de l’environnement, de la santé et de la sécurité du conseil d’administration, ainsi qu’à l’ensemble des membres du conseil d’administration.

La responsabilité globale des risques et des possibilités au niveau des usines incombe à notre vice-président, Environnement, Énergie et Innovation, tandis que notre vice-président, Foresterie, est responsable des risques et possibilités dans le secteur de la foresterie. Nous préconisons une approche descendante pour l’analyse des risques et possibilités, qui concernent principalement les changements apportés à la réglementation, les investissements stratégiques, l’évolution des préférences des consommateurs, la réputation et les défis liés aux conditions météorologiques.

Au niveau des établissements, les directeurs d’usine sont responsables de la réalisation des projets liés au carbone et à l’énergie. Plusieurs autres ressources sont impliquées dans le développement de ces projets, notamment les ingénieurs de projets, les contrôleurs financiers, et les coordonnateurs de l’environnement. Le coordonnateur s’assure aussi que son usine se conforme à tous les règlements environnementaux applicables, dont ceux qui régissent les émissions de gaz à effet de serre.

Pour repérer les possibilités de réduction de notre empreinte carbone, nous devons absolument disposer d’un inventaire complet de nos émissions. Nous avons multiplié les efforts afin de réduire les écarts minimes observés relativement à nos émissions de niveaux 1 et 2 de notre inventaire, y compris le suivi des émissions de nos scieries, la répartition des émissions provenant de nos installations de cogénération conformément aux ententes contractuelles ainsi que l’inclusion des émissions provenant de nos sites d’enfouissement. La collecte des données pour chaque usine est faite par le groupe Environnement de Résolu sous la supervision du vice-président, Environnement, Énergie et Innovation. Des tableaux liés permettent de suivre les données et des procédures de vérification sont en place pour que nous soyons certains que notre inventaire est à jour.

1 Résolu rend compte de ses émissions de niveau 1 (émissions directes provenant des installations de combustion fixes et mobiles des usines, de leurs émissions de procédés, de leurs émissions fugitives et de leurs sites d’enfouissement) et de niveau 2 (émissions associées à l’utilisation d’électricité achetée).