Empreinte carbone

L’empreinte carbone d’un produit, comme la pâte et le papier, est l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre (GES) qu’il génère durant son cycle de vie  de la forêt au site d’enfouissement en passant par l’installation de fabrication  moins les émissions séquestrées ou évitées. Pour réduire l’impact environnemental de ses activités, Résolu doit mesurer et analyser son empreinte carbone.

Émissions de gaz à effet de serre

Les émissions de GES, comme le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O), résultent principalement de l’utilisation de combustibles fossiles à diverses étapes du processus de fabrication du papier. Le méthane est aussi produit quand du papier et d’autres déchets se décomposent dans les sites d’enfouissement.

Résolu puise dans le quatrième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour obtenir les potentiels de réchauffement planétaires sur une horizon de 100 ans (PRP) dont elle se sert pour exprimer les émissions autres que le dioxyde de carbone en une mesure harmonisée de comptabilisation du carbone : les valeurs d’équivalents en dioxyde de carbone (éq. CO2).

Le Greenhouse Gas Protocol est un outil souvent souvent utilisé par les gouvernements et les entreprises pour calculer et gérer les émissions de GES. Il propose des méthodes uniformisées et des outils de calcul propres à l’industrie qui permettent aux entreprises de comptabiliser et déclarer leurs émissions de GES. Le World Resources Institute (WRI) et le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD) forment un partenariat de longue date qui travaille avec divers intervenants à l’échelle mondiale pour combattre les changements climatiques au moyen d’inventaires de GES et d’outils de gestion. Visitez www.ghgprotocol.org pour plus d’information.

Pour assurer un processus de déclaration uniforme et transparent, nous établissons des limites opérationnelles et complétons le suivi des émissions de GES selon trois niveaux définis par le Greenhouse Gas Protocol :

  • NIVEAU 1 : Il s’agit des « émissions directes » qui proviennent de sources contrôlées par la Société, comme les installations de combustion d’une usine afin de produire de la vapeur pour le séchage du papier ou encore pour produire de l’électricité.
  • NIVEAU 2 : Il s’agit des « émissions indirectes » (qui résultent d’activités de la Société, mais proviennent de sources contrôlées par une autre entreprise), associées à la consommation d’électricité achetée. Ces émissions proviennent de l’établissement où l’électricité est produite. Les fournisseurs d’électricité de Résolu nous fournissent leurs facteurs d’émissions, que la Société inclut ensuite dans ses données sur les émissions de niveau 2. Les facteurs d’émissions de 2019 ont été mis à jour et confirmés par nos fournisseurs en 2020. Les données finales sur les émissions de GES sont rendues publiques après que Résolu a procédé à une vérification et à un audit de ses émissions globales de GES. 
  • NIVEAU 3 : Cette catégorie facultative nous permet de signaler toutes les autres émissions indirectes qui ne correspondent pas à la définition ci-dessus, comme les émissions de gaz à effet de serre résultant de la production de matières achetées ou les activités de transport dans des véhicules qui sont ni possédés ni contrôlés par la Société.

Nous présentons les émissions de GES de toutes nos usines de pâte, papier et papier tissu, mais pas pour nos installations de produits du bois parce que celles-ci ont une empreinte carbone relativement faible. Les installations de produits du bois de Résolu représentent moins de 5 % de nos émissions annuelles totales de GES – celles-ci sont donc exclues des rapports que nous produisons, conformément au Greenhouse Gas Protocol, qui permet d’exclure jusqu’à 5 % des émissions totales. En mars 2021, nous nous sommes engagés à inclure les émissions de GES de ses installations de produits du bois dans notre inventaire d’émissions de GES d’ici 2022.

En mars 2021, nous avons également annoncé un engagement en vue de réduire d’ici 2025 nos émissions absolues de gaz à effet de serre (GES) (niveaux 1 et 2) de 30 % par rapport aux niveaux de 2015. Cette nouvelle cible est rendue possible grâce à la réduction de 83,4 % des émissions absolues de GES réalisée par la Société par rapport aux niveaux de l’an 2000, dont les deux tiers sont attribuables à des réductions de l’intensité des émissions. En l’atteignant, nous aurons réduit nos émissions de près de 700 000 tonnes métriques d’équivalent CO2 comparativement aux niveaux de 2015.

L’année 2015 a été choisie comme année de référence pour tenir compte des importants investissements qui ont été faits depuis 5 ans pour réduire nos émissions de GES. Pour en savoir plus sur ceux-ci, veuillez consulter la page Changements climatiques et énergie. À titre d’information, nous avons vendu l'usine de pâte de Fairmont en 2018, l'usine de pâte et papier de Catawba (Caroline du Sud) en 2019, ainsi que l’usine de papier journal d’Augusta (Géorgie) en 2020. L’usine de Thorold (Ontario) a été fermée définitivement avant d’être vendue en 2020 et demeure donc présente dans l’inventaire de la Société. De plus, les émissions de GES de nos sites d’enfouissement font partie de nos inventaires depuis l’an 2000.

Cycle du carbone forestier, puits de carbone et émissions évitées

Les forêts emmagasinent et libèrent d’importantes quantités de carbone dans le cadre d’un cycle naturel. L’aménagement forestier responsable réduit non seulement la capacité d’une forêt d’agir comme une source de carbone, mais il accroît aussi sa capacité de stocker du carbone. Le carbone circule dans l’atmosphère par un processus naturel appelé cycle du carbone. Pendant certaines années, les forêts retiennent plus de carbone qu’elles n’en libèrent. Quand elles captent plus de CO2, elles agissent comme des puits de carbone.

On appelle séquestration le processus par lequel le CO2 est capté de l’atmosphère et stocké pendant de longues périodes. Les arbres stockent du carbone en transformant le CO2 dans les végétaux par la photosynthèse, qui utilise l’énergie du soleil et libère de l’oxygène. Quand un arbre est récolté et transformé en bois d’œuvre, une petite quantité de ce carbone s’échappe, mais la plus grande partie reste stockée dans la structure cellulaire du bois, ce qui prolonge l’effet de la séquestration. 

Les produits du bois, ainsi que les livres, les magazines et d’autres produits durables du papier, emmagasinent le carbone issu de la forêt, et le recyclage du papier prévient les émissions de méthane qui se produiraient si le papier était enfoui. Ces puits de carbone et émissions évitées peuvent être soustraits des émissions générées pendant le cycle de vie des produits du bois.

Le cycle du carbone forestier

diagramme du cycle du carbone forestier

Pour plus d’information, lisez notre billet de blogue intitulé Éviter les émissions de carbone en construisant avec du bois et l’article qui décrit 8 choses à savoir au sujet de la forêt boréale et du carbone.

Empreinte carbone « du berceau au tombeau »

Le diagramme ci-dessous illustre les limites opérationnelles associées aux émissions de GES et aux puits de carbone attribués à la fabrication, à la livraison et à l’utilisation finale de nos produits.

diagramme des limites opérationnelles

Suivi et déclaration de notre empreinte carbone

Depuis 2006, nous rendons compte de notre empreinte carbone incluant les émissions de carbone de niveaux 1 et 2 au CDP (anciennement connu sous l’appellation Carbon Disclosure Project), un organisme indépendant sans but lucratif qui représente près de 600 investisseurs institutionnels dont l'actif combiné se chiffre à 110 billions de dollars américains. Le CDP recueille, en leur nom, de l'information sur les risques et les occasions d'affaires liés aux changements climatiques et aux émissions de gaz à effet de serre des plus grandes entreprises du monde. Visitez www.cdp.net pour plus d’information.

En 2020, dans la catégorie des changements climatiques, Résolu s’est vu attribuer un B-, ce qui nous place au niveau Gestion. Le CDP accorde ce niveau aux entreprises ayant mis en œuvre des mesures d’atténuation de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Cette note indique également que nous avons évalué les risques environnementaux liés à nos établissements et appliqué des mesures pour les gérer.

Pour connaître en détail la façon dont Résolu calcule son empreinte carbone, notamment ses émissions de niveaux 1, 2 et 3, téléchargez le document de déclaration au CDP sur le site www.cdp.net

Le diagramme ci-dessous illustre la composition de notre empreinte carbone. Les émissions séquestrées ou évitées n’ont pas été considérées.

graphiques en barres montrant les émissions de gaz à effet de serre de Résolu depuis 2000 à ses usines de pâte et papier

Nos programmes de réduction des émissions portent surtout sur les émissions de niveaux 1 et 2, qui sont suivies et compilées une fois par mois. Nous complétons aussi un suivi des émissions de GES liées à notre chaîne d’approvisionnement, ou émissions de niveau 3. Ces émissions représentent une portion importante de notre inventaire d’émissions de carbone. Nous nous sommes engagés à continuer de mettre en pratique une comptabilisation de ces émissions de GES, et nous avons, en 2015, amélioré leur déclaration en rendant compte au CDP.

En mars 2021, nous nous sommes engagés à intégrer davantage les pratiques en matière de développement durable à notre chaîne d’approvisionnement, en travaillant avec nos fournisseurs et les parties prenantes concernées à l’élaboration d’engagements en matière de réduction des émissions de GES de niveau 3. 

Collaboration avec des associations représentant l’industrie

Résolu se réjouit d’avoir l’occasion de collaborer avec d’autres pour soutenir les efforts mondiaux de réduction des émissions de carbone. En tant que membre de l’Association des produits forestiers du Canada (APFC), nous avons souscrit au Défi « 30 en 30 » des changements climatiques lancé par cette dernière. Dans le cadre de cette campagne, l’industrie canadienne des produits forestiers s’engage à retirer 30 mégatonnes de CO2 par année d’ici 2030, soit plus de 13 % de la cible totale de réduction des émissions du gouvernement du Canada. L’APFC estime qu’entre 2015 et 2018, l’industrie a augmenté ses retraits annuels nets de carbone de 8,3 mégatonnes, près du tiers de la cible du Défi « 30 en 30 ».  Aux États-Unis, nous travaillons en collaboration avec l’American Forest and Paper Association (AF&PA) et soutenons son objectif, qui consiste à assurer une réduction d’au moins 20 % des émissions de GES de ses membres, en termes d’intensité, par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2020. Collectivement, les membres de l’AF&PA ont atteint une réduction de 23,2 % des émissions absolues de GES en 2019 par rapport à 2005, atteignant la cible visée.

Adhésion à la coalition pour le leadership en matière de tarification du carbone

En juillet 2016, Résolu est devenu l’un des premiers membres canadiens de la coalition pour le leadership en matière de tarification du carbone (CPLC), une alliance mondiale à participation volontaire regroupant des leaders en vue de lutter contre les changements climatiques au moyen de la tarification du carbone. Résolu appuie les politiques en matière de tarification du carbone comme mécanisme de marché en vue de stimuler la concurrence, de créer des emplois, d’encourager l’innovation et d’entraîner des réductions considérables des émissions. Les processus décisionnels à nos installations tiennent déjà compte de la tarification du carbone. Nous prônons toutefois une tarification uniforme du carbone sur tous les territoires en Amérique du Nord afin d’éviter les fuites de carbone et les répercussions sur le plan de la concurrence.